Le blog

Un voyage, une thérapie

Ce voyage commence quelques semaines avant le départ pour le Cambodge, prévu le 21 février 2020, dans un contexte d’incertitude et de doutes. Certaines personnes de mon entourage, les médias, conseillaient vivement d’éviter ce voyage en Asie du fait de la situation liée au Covid19.

Ajouté à cela, mon vol a été annulé à quelques jours du départ, sans garantie de remboursement. J’ai pris ça comme un signe du destin et je me suis résolu à ne pas partir.

Trois jours avant le départ prévu, j’ai eu le remboursement de mon billet. Je me suis convaincu que cette appréhension ne devait pas m’empêcher de réaliser une chose qui me tenait vraiment à cœur.

J’ai décidé de racheter un billet et je suis parti.

La peur et l’appréhension m’ont suivi jusqu’au Cambodge. Un ensemble de questions tournaient en moi et mes préoccupations, au-delà de mes inquiétudes sur la crise sanitaire, étaient liées à mon rôle.

Vais-je être utile à ces enfants, suis-je légitime, suis-je à ma place ? Est-ce que je pars pour eux ? Est-ce que je pars pour moi ?

En arrivant à Sihanoukville, nous arrivons au milieu de gigantesques immeubles en construction, des hôtels de luxe, des casinos, qui contrastent avec les bidonvilles, la poussière et les déchets étalés sur le sol.

Au milieu de ce décor sinistre, nous arrivons au centre M’lop Tapang. C’est ici que je rencontre pour la première fois ces enfants. Ils m’ont véritablement bouleversé, et le souvenir de leur être, de leur histoire, reste gravé dans ma mémoire.

Je me souviens d’un frère et d’une sœur inséparables. La petite ne veut pas quitter son frère pour sa séance d’ostéopathie, on choisit de les allonger côte à côte. On pose les mains sur eux et peu à peu la petite s’apaise sous les mots et les caresses de son frère. On s’émeut et on s’émerveille de ce petit moment à eux, de ce grand moment pour nous.

Un autre lieu, une autre consultation. Un petit garçon d’environ 5 ans, souffrant d’une maladie génétique, commence à présenter depuis quelques mois des signes d’atteintes neuromusculaires. Son grand frère est mort à 20 ans de cette même maladie. Toi, petit garçon, tu commences à trébucher, de plus en plus souvent. Je te vois chuter, ta maman te relève et pourtant tu souris.

Dans tous ces centres d’accueil, une force de vie, presque palpable flottait dans l’air. J’ai été en admiration devant la force de ces enfants et devant le dévouement, la bienveillance des bénévoles rencontrés au sein de ces différents centres.

Ces enfants manquent souvent de bien des choses, mais leurs tissus semblaient crier du fond de leur cœur : « Plus d’amour ! ».

Malgré cela, ces enfants m’ont pris par la main, littéralement, et m’ont montré la juste place à prendre.

J’ai été rapidement libéré de toute contrainte de temps, d’efficacité, de jugement.

Une présence juste m’a alors permis de travailler de manière libérée et puissante. Écouter l’autre dans le silence de nos doutes, de nos contraintes et de nos obligations. 

Être neutre pour être juste, être présent, ici et maintenant, sans jugement, sans rien attendre.

A Renaud et Stéphanie pour leur bienveillance, à Anouck pour son sourire, à Raymond pour son ancrage, à Laura pour sa douceur, à Cassiel et Manon pour l’humilité avec laquelle ils entrent dans le vaste monde de l’ostéopathie, à Florent pour sa sagesse, sa gentillesse et son humilité inspiratrices, à Amir et Annett pour leur joie de vivre dans la rigueur de leur travail, à Isabelle pour nos échanges tumultueux et enrichissants, , à Danith pour sa patience et sa disponibilité, à Patrick pour sa lumière, à moi-même pour ce cadeau et à DOCOSTEOCAM pour l’avoir rendu possible ; à tous les bénévoles pour leur accueil, leur action et leur dévouement qui contribuent à rendre ce monde meilleur, à tous ces enfants pour leurs rires, leurs sourires et la brillance de leur yeux, reflet de la beauté de ce monde, les paumes de mes mains jointes Orkurn.

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